DES INFANTICIDES POUR ARRRÊTER LA GUERRE -
Depuis un quart de siècle, des conflits tribaux ensanglantent le centre de l’archipel. Pour y mettre un terme, des femmes ont sacrifié leur progéniture mâle.
THE NATIONAL
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Port Moresby
Dans une région rurale de la province des Eastern Highlands, hauts plateaux du centre de l’île de Nouvelle – Guinée, les femmes, écoeurées par les guerres tribales, ont décidé de tuer tous les petits garçons à la naissance afin de réduire le nombre d’hommes et de contraindre ces derniers à cesser les hostilités.
Depuis plus de vingt ans, les affrontements tribaux sèment la mort et la destruction à Gimi, dans la région d’Okâpa.
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Deux femmes viennent de faire part de cette pratique à The National. Rona Luke et Kipiyona Belas sont membres d’un groupe local venu assister à un forum de trois jour sur la paix et la réconciliation, qui s’est tenu à Goroka [capitale de la province des Eastern Highlands]. Les femmes, expliquent-elles, ont décrété que, si elles cessaient de mettre au monde des mâles, la population de leur tribu déclinerait et les hommes seraient contraints de ranger leurs armes. “Toutes les femmes ont accepté de tuer les garçons nouveau-nés parce qu’elles en ont assez que les hommes s’engagent dans des conflits tribaux et leurs causent des souffrances”, racontent-elles, sans toutefois être en mesure de préciser le nombre exact d’infanticides. Les filles, en revanche, sont épargnées.
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Rona Luke est originaire d’Agibu, un village de la circonscription de Gimi. Au bord des larmes, elle rapporte que, pendant dix ans, plusieurs femmes ont été forcées de tuer leurs petits garçons à la naissance. C’est un crime intolérable, reconnaît-elle, mais elles n’avaient pas le choix. Elles y ont été contraintes car c’était pour elles, en tant que femmes, la seule solution possible pour mettre fin aux guerres tribales. Kipiyona Belas vient, quant à elle, du village d’Amosa. Elle raconte qu’il devenait difficile de trouver de la nourriture, les maris passant leur temps à se battre tandis que les mères et les enfants étaient livrés à eux-mêmes.
Grâce aux efforts inlassables de l’Armée du Salut, qui a réussi à faire asseoir les chefs de quinze communautés ennemies à la table des négociations, le conflit, vieux de vingt-trois ans, devrait cesser. Selon Esiah Eiho, coordinateur du Programme de promotion et de réforme des communautés (CARE) pour l’armée du Salut, il ne s’agissait pas, en invitant les tribus en guerre à se rencontrer, de les contraindre à un compromis, mais de leur montrer l’intérêt de vivre en paix. C’est en 1986 que les premiers combats ont éclaté entre tribus dans la région de Gimi, à l’issue de décès qui avaient à l’époque été attribués à de la sorcellerie.
MAIVO LAFANAMA
Courrier International N° 945
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C’est NOËL…
Comment deviner ce qui peut se passer dans l’esprit d’une mère, comment mesurer la force d’un désespoir, comment imaginer que vingt ans d’absurdités puissent avoir raison de l’amour maternel.
Pourquoi l’homme, d’instinct, réagi d’abord par la violence avant de raisonner?
Qu’est-ce qui peut alimenter cette hargne, cette provocation, cette montée d’adrénaline jouissive d’un part-en-guerre?
En tant que mères, à quel moment avons nous encouragé, absout, où simplement accepté chez nos fils, ce sentiment de puissance, de provocation, de destruction qui les font dépasser en violence, torture, avilissement, l’acharnement des ours et des lions mâles, à tuer leur progéniture?
Et s’il fallait comprendre que nous sommes des sous-développés congénitaux? et qu’il faille accepter cette évidence:
l’Homme en tant qu’espèce n’est qu’un produit inachevé…
l’Homme en tant qu’espèce n’est qu’un produit inachevé…














