Exodes lll…

EMBARQUEE POUR NULLE PART…

DAILY MAIL

Une centaine de SDF ont élu domicile dans l’aéroport internationnal de Heathrow, à Londres. Pour ne pas se faire repérer, ils n’hésitent pas à arborer la panoplie du parfait voyageur.

Extraits

ERAM, femme séduisante, a élu domicile dans le terminal l. Depuis un peu plus d’un an et demi, elle vit à l’aéroport avec tous ses biens rassemblés dans un sac de toile bleue. Aujourd’hui, elle a prévu de faire un peu de lèche-vitrines dans la galerie marchande et peut-être de se payer un bol de pâtes pour le déjeuner. Lorsque la nuit viendra, elle dormira par terre, entre un bureau de change  Américan Express et un distributeur de crèmes glacées, dans le couloir qui mène au métro. On ne peut s’empêcher de penser au film de Steven Spielberg Le terminal.

Mais ce qui se passe à Heathrow n’a rien d’une fiction hollywoodienne. Le fait est, que les SDF affluent comme jamais dans les aéroports britaniques.
La police effectue parfois des descentes dans l’aéroport pour les chasser. d’ailleurs ERAM à déjà été embarquée. “Les agents m’ont laissée dans Bath Road, tout près, et je suis revenue“, dit-elle en esquissant un rire. “Les ouvriers du bâtiment qui travaillent de nuit à l’aéroport sont très gentils et ne dénoncent pas les SDF. Les agents de nettoyage non plus. Le matin, lorsque je me lève, je fais ma toilette et je change de vêtements pour ne pas me faire remarquer dans  la foule. La plupart du temps, j’ai l’air d’une passagère. Il arrive que des gens me demandent quel vol je prends. J’essaie de faire des projets d’avenir, mais c’est difficile quand on a rien ou  presque, et que l’on vit dans un aéroport internationnal. Pourtant, la plupart du temps,  je me sens heureuse.”  Cherche-t-elle juste à faire bonne figure?
ERAM a 42 ans, même si elle en paraît dix de moins. Elle n’a pas de famille, pas d’amoureux, rien, hormis le contenu du sac bleu. On peut rêver mieux comme vie. “Je ne vois pas vraiment d’autre avenir” reconnaît-elle à voix basse. “Je peux m’estimer heureuse. Je ne me drogue pas, je ne bois pas, je n’ai pas de troubles mentaux. Pour le moment, je ne suis pas à la rue. En fait, je pourrais vivre à Heathrow pour toujours.”   Sue REID

            

Un commentaire

  • c’est en lisant cela qu’on se dit qu’on a de la chance d’avoir un toit, un lit et de quoi manger.
    Meme si c’est pas rose tout les jours, je sais que je fais partie des chanceuses qui n’ont pas besoin, en plus, de se lever pour travailler.
    J’en profite ça ne durera peut etre pas!!


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